Cette affirmation peut surprendre dans le contexte actuel, où il est bon ton de stigmatiser la gestion des collectivités locales.  Pourtant tous les indicateurs et ratios d’analyse le démontrent : les collectivités locales françaises présentent une situation financière satisfaisante. Nous tenons à saluer ici, les propos tenus par Jean-Christophe Moraud de la Direction Générale des Collectivités Locales le 22 octobre 2008 lors d’une journée de travail de l’Association des petites villes de France. : "La crise financière, aujourd'hui c'est la crise bancaire, ce n'est pas la crise des collectivités locales, dont la situation financière est satisfaisante."

Appréciée en instantané, la solvabilité des collectivités locales s’avère satisfaisante : selon les premiers éléments d’analyse de l’exercice 2007, les régions présentent une capacité de désendettement de 2,6 années et les départements affichent un niveau flatteur de  3,1 années. Enfin le secteur communal avec un niveau d’endettement proche de six années d’autofinancement présente une solvabilité robuste. Ces chiffres devront bien évidement être confirmés par l’analyse des comptes administratifs 2008.

Si le secteur public local et ses observateurs s‘interrogent légitimement sur l’avenir des finances locales ( la question essentielle demeure celle de la réforme de la fiscalité locale), ils doivent conserver à l’esprit  que les collectivités locales françaises et leurs établissements publics locaux présentent aujourd’hui d’excellents ratios financiers qui leur permettent et leur permettront de « mieux » résister aux différentes crises qui secouent notre économie.

Il est en effet indispensable de faire la différence entre la situation financière actuelle des collectivités locales et les perspectives d’évolution. Concernant ces dernières, les collectivités locales sont exposées aux mêmes contraintes que les autres acteurs de l’économie : raréfaction du crédit, hausse des frais financiers, atonie des recettes en raison du ralentissement de l’économie. Elles ne traversent pas de crise spécifique et elles apparaissent mieux armées financièrement que les autres acteurs de l'économie pour supporter des tensions budgétaires.

Il est regrettable qu’un amalgame soit fait aujourd’hui sur ce point. Les collectivités locales en communiquant de la sorte risquent de détériorer leur image auprès des observateurs et de leurs partenaires financiers, ce qui se traduira par un surcoût supplémentaire de leurs conditions de financement.